Quelle maladie provoque des douleurs au bassin ? Spondylarthrite, arthrose et signes à distinguer

Quelle maladie provoque des douleurs au bassin ? Spondylarthrite, arthrose et signes à distinguer

La spondylarthrite, l’arthrose de hanche, une tendinopathie ou une fracture peuvent provoquer des douleurs au bassin. La douleur peut aussi provenir du bas du dos et être ressentie dans la fesse ou la hanche. Sa localisation ne suffit donc pas à identifier une maladie. Son horaire, les circonstances d’apparition et les symptômes associés aident le médecin à orienter le diagnostic.

Le bassin douloureux ne désigne pas une seule maladie

Le bassin comprend plusieurs os et articulations, entourés de muscles, de tendons et de ligaments. Les articulations sacro-iliaques relient le sacrum, à la base de la colonne vertébrale, aux os iliaques. Les hanches assurent, de chaque côté, la jonction avec les fémurs. Une douleur décrite comme étant « au bassin » peut ainsi correspondre à des structures très différentes.

Testez vos repères sur les douleurs du bassin

Six questions pour réviser quelques repères. Choisissez une réponse par question, puis validez pour voir votre score et les corrections.

Progression : 0 sur 6 Score : —
1. Quelles structures peuvent être à l’origine d’une douleur ressentie dans la région du bassin ?
2. Quel profil peut évoquer une douleur inflammatoire ?
3. Quelle différence distingue une douleur locale d’une douleur projetée ?
4. Quel ensemble de symptômes peut être associé à une spondylarthrite ?
5. Dans quelle situation est-il prudent de demander rapidement un avis médical ?
6. Que permet de conclure un résultat HLA-B27 ?

À retenir : ce questionnaire est informatif et ne constitue pas un outil de diagnostic. En cas de doute ou de symptômes préoccupants, demandez conseil à un professionnel de santé.

Préciser la zone ressentie est une première étape : aine, côté de la hanche, fesse, pubis ou bas du dos. Il faut également distinguer une douleur de l’appareil locomoteur d’une douleur pelvienne profonde, qui peut relever d’un problème urinaire, digestif ou gynécologique. Les causes présentées ici ne constituent donc pas une liste exhaustive.

Deux douleurs peuvent sembler jumelles sans avoir la même origine : une gêne dans la fesse peut venir d’une articulation sacro-iliaque ou être projetée depuis la région lombaire. À l’inverse, une même affection peut faire mal à plusieurs endroits. Pour la consultation, décrivez séparément le point de départ, le trajet et la zone d’arrivée de la douleur plutôt que de chercher à lui donner immédiatement un nom.

La spondylarthrite : une piste lorsque la douleur est inflammatoire

Une atteinte du dos et des articulations sacro-iliaques

La spondylarthrite ankylosante est une maladie inflammatoire chronique qui touche notamment le rachis et les articulations sacro-iliaques du bassin. Selon VIDAL, elle commence par des douleurs du bas du dos ou des fesses dans 80 % des cas. Ces douleurs peuvent irradier vers l’arrière des cuisses.

Infographie anatomique pour comprendre quelle maladie provoque des douleurs au bassin et les différentes zones douloureuses
Infographie anatomique pour comprendre quelle maladie provoque des douleurs au bassin et les différentes zones douloureuses

D’après ameli.fr, elle se déclare souvent entre 20 et 30 ans, mais peut apparaître à l’adolescence ou plus tard. L’Assurance Maladie estime qu’elle concerne 180 000 personnes en France, soit 0,3 % de la population. Ces repères ne permettent cependant ni de confirmer ni d’exclure la maladie chez une personne donnée.

Des douleurs nocturnes et une raideur au réveil

VIDAL décrit des douleurs plus intenses au milieu de la nuit, au réveil et durant les premières heures d’activité. Le repos ne les soulage pas, contrairement au profil habituel des douleurs liées à l’arthrose. Une raideur peut accompagner la douleur. L’évolution peut se faire par poussées, entrecoupées de périodes d’accalmie ou de rémission.

Ce regroupement de signes mérite d’être signalé au médecin, mais aucun n’est une preuve isolée. Une douleur nocturne n’est pas automatiquement une spondylarthrite, et une amélioration passagère ne suffit pas à écarter une maladie inflammatoire.

Arthrose, tendons, traumatisme : les autres causes à envisager

Les douleurs du bassin ou de la hanche peuvent avoir une origine dégénérative, traumatique, tendineuse ou musculaire. Le terme « atteinte sacro-iliaque » décrit une localisation : il ne signifie pas, à lui seul, qu’il existe une spondylarthrite.

Famille de causesExemplesDistinction utile
Articulaire dégénérativeArthrose de hancheLa douleur est habituellement liée aux sollicitations, avec un soulagement par le repos.
Osseuse ou traumatiqueFracture, ostéonécrose de hancheUne douleur osseuse ne peut pas être identifiée uniquement par sa localisation.
Tendineuse ou musculaireTendinopathie du moyen fessier, trouble du psoas-iliaque, pubalgieLes mouvements et les activités qui déclenchent la douleur sont importants à décrire.
Douleur référéeDouleur provenant du bas du dosLa région douloureuse n’est pas nécessairement la région à l’origine du problème.

D’autres troubles, comme un conflit fémoro-acétabulaire, une instabilité de hanche ou une inflammation de la symphyse pubienne, peuvent également être envisagés selon l’examen. Une pubalgie désigne une douleur de la région pubienne ou de l’aine ; ce terme ne précise pas toujours, à lui seul, la structure responsable.

Ces catégories peuvent se recouper. Une personne peut présenter plusieurs problèmes simultanément, et une douleur mécanique peut aussi devenir persistante. Il faut donc éviter de conclure à partir d’un seul critère, comme la douleur à la marche ou la présence d’une gêne au repos.

Les symptômes associés qui méritent d’être signalés

Lorsqu’une spondylarthrite est envisagée, le médecin ne s’intéresse pas uniquement au bassin. Selon VIDAL, des douleurs des articulations des bras ou des jambes sont observées dans 60 % des cas et sont révélatrices de la maladie dans 20 % des cas. Une fatigue ou une douleur à l’attache d’un tendon sur l’os, appelée enthésite, peut aussi accompagner le tableau.

Les manifestations hors des articulations apportent parfois des indices importants :

  • Les yeux : selon VIDAL, une uvéite accompagne la spondylarthrite ou précède son apparition dans 10 à 30 % des cas.
  • La peau : VIDAL indique que 15 % des personnes atteintes souffrent également de psoriasis.
  • Les intestins : certaines spondyloarthrites sont associées aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, notamment la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Des atteintes du cœur, des poumons, des reins ou de la sphère génitale sont également décrites, sans être des signes nécessaires au diagnostic. L’absence de symptômes extra-articulaires n’exclut pas une spondylarthrite.

Un œil rouge et douloureux impose une consultation ophtalmologique en urgence, notamment en raison du risque d’uvéite. Il ne faut pas attendre le bilan des douleurs du bassin pour le faire examiner.

Consulter pour identifier la cause, sans s’autodiagnostiquer

Une douleur persistante, récidivante, inexpliquée ou qui perturbe le sommeil et les activités justifie une consultation médicale. Après un traumatisme important, ou si la douleur est brutale, intense et empêche de prendre appui, une évaluation urgente est nécessaire. Une douleur accompagnée de fièvre ou d’une altération de l’état général doit également être évaluée rapidement.

Pour préparer le rendez-vous, notez quelques éléments concrets :

  • La localisation précise et les éventuelles irradiations.
  • Le début des symptômes et l’existence d’une chute ou d’un effort inhabituel.
  • Les horaires douloureux, les réveils nocturnes et la raideur matinale.
  • L’effet du repos, de la marche et des changements de position.
  • Les symptômes oculaires, cutanés, digestifs ou touchant d’autres articulations.

Le diagnostic repose sur l’entretien et l’examen médical, complétés si nécessaire par des examens adaptés. Même un marqueur associé à la spondylarthrite ne suffit pas : selon ameli.fr, le HLA-B27 est présent chez 80 à 90 % des patients atteints de spondylarthrite ankylosante, mais aussi dans 7 à 8 % de la population française.

Identifier la cause permet de choisir le traitement et la rééducation appropriés. L’objectif n’est pas de reconnaître seul une maladie dans une liste, mais de transmettre les bons indices pour obtenir une prise en charge adaptée.